Grâce à l'importance des moyens matériels mis à la disposition des FAS à compter de l'année 1965, nombre d'unités de bombardement nouvelles vont encore voir le jour. Parmi elles, l'Escadron de Bombardement 1/94 qui commence à fonctionner sur la base aérienne d'Avord (Cher) le 1er mars 1966. Il faudra attendre un an et le 3 mars 1967 pour que cette unité prenne enfin connaissance du nom de tradition qui lui a été choisi en haut lieu. Le 1/94 avait espéré obtenir celui de "Berry", nom de baptême historique et, qui plus est, celui de la province d'Avord. C'était sans compter avec le dur respect du lignage imposé par le Service Historique de l'Armée de l'Air : le 1/94 devient 'Bourbonnais", le nom de 'Berry" étant celui d'un ancien groupe de chasse, et il hérite des escadrilles du Groupe de Bombardement 1/11 d'avant guerre : les BR 29 et 123.

    Le tout premier Mirage IVA affecté à l'EB 1/94 arriva à Avord le 13 juin 1966. Le ler, octobre suivant, l'EB 1/94 "Bourbonnais" remplit sa première alerte nucléaire opérationnelle. Le cap des 5 000 h de vol sur Mirage IVA est franchi le 8 mai 1968 alors que l'escadron compte déjà au nombre de ceux qui ont la responsabilité d'abriter les desserrements réguliers des "EB" de l'est de la France.


    La vie de l'Escadron de Bombardement 1/94 "Bourbonnais" sera brièvement chamboulée quand, à compter du 1er juillet 1976, dans le cadre de la restructuration des FAS, il abandonne les traditions du "Bourbonnais" pour recevoir celles de l'EB 1/93 "Guyenne" qui vient d'être dissous à Istres. Et le 1/94 devient donc "Guyenne". Parmi ses titres de gloire : avoir enregistré un des taux de disponibilité avion parmi les plus élevés des FAS et avoir remporté par deux fois la coupe Commandant Héliot. Le 28 novembre 1986, en prélude au retrait prochain des Mirage IVA et à la dernière grande restructuration de la composante pilotée des FAS, VEB 1/94 "Guyenne' est dissous.